Le développement du numérique « bouscule l’Ecole » car il remet en question les trois dimensions du système d’enseignement :
- L’espace de l’école devient poreux par exemple par la mise en place des ENT.
- Le temps scolaire se prolonge grâce aux réseaux de telle sorte que la frontière entre le scolaire et l’accompagnement scolaire se brouille.
- Les ressources pédagogiques se perdent dans un océan d’offres de toutes sortes. Les personnes elles-mêmes annexent des élèves d’autres établissements, des professeurs extérieurs voire privés.
Un rapport de l’IGEN en 2006 conclue : « Dans cette nouvelle configuration, l’organisation de l’école est appelée à se modifier, que ce soit dans les contenus étudiés, les formes de travail des élèves ou le service des enseignants« .
Cela nécessite donc « un renouvellement profond de la pédagogie et de la didactique. Deux objectifs doivent guider l’élaboration de ces nouveaux outils : l’individualisation des parcours et l’interactivité« .
Quatre axes de développement des TICE à moyen terme : la documentation, la pédagogie, la communication et l’évaluation.
« Le développement des TICE… est de nature à améliorer la prise en charge de l’élève, à mieux garantir l’égalité des chances, à infléchir la pédagogie pour assurer la maîtrise de l’échec scolaire et favoriser l’adaptation individuelle des apprentissages« .
La place, le rôle et le service des enseignants devront évoluer. « Le professeur produit des contenus dans un format qui permet leur mutualisation. Il prend en charge ses élèves hors temps scolaire, y compris le soir : cela peut-il devenir la spécialisation de quelques uns ? »
« La montée en charge des TICE accentue le divorce entre les nouvelles formes de la pédagogie et le conservatisme des modes d’évaluation… On ne pourra pas continuer à exiger des élèves des compétences dans l’usage des TIC et éviter de les vérifier lors des grands rendez-vous » . Le rapport invite à étendre les épreuves sur ordinateur et le contrôle en cours de formation.
L’utilisation des technologies n’induit donc pas un nouveau métier, mais exige des compétences en phase avec l’évolution du monde contemporain, donc de l’école.